Sorcières, une expo

Je suis allée voir l’exposition Sorcières à Nantes et c’était top ! Un peu courte et très dense (comme d’hab), mais intéressante. Forcément, étant une nana qui a grandi dans les années 90, il y avait de grandes chances que le thème m’intéresse. Oui, pour son aspect politique, mais aussi parce que le personnage de la sorcière fait écho à beaucoup de mes références : Charmed, Sabrina, l’apprentie sorcière, Hermione Granger… bref, l’univers fantasy sur la TV des années 90 !

Oui, certaines œuvres m’ont laissée de marbre, mais d’autres m’ont émue, et je comprends l’attention portée au tableau Circé de John William Waterhouse (1911), qui représente une sorcière comme une femme puissante, savante et indomptable.

Pourtant, l’expo nous rappelle aussi que le mythe de la sorcière au bûcher — parce qu’elle était une femme puissante et rebelle, poncif souvent utilisé dans le féminisme — n’est pas tout à fait (voire pas du tout) vrai. Les chasses aux sorcières des XVIe et XVIIe siècles sont surtout l’occasion de brûler et de torturer des femmes — mais aussi des hommes — accusés d’hérésie. Ce sont souvent des accusations ridicules, animées par la jalousie ou la cupidité des voisins et voisines du village. Ces femmes sont donc plus des victimes punies pour des crimes imaginaires que des héroïnes condamnées pour leur esprit libre.

Pour autant, cette figure de la sorcière — une femme qui détient un pouvoir mystique impossible à dompter ou mise au banc de la société parce que différente et rebelle à l’ordre établi — perdure. Peut-être aussi parce que, par la suite, les femmes marginalisées ou qui se révoltent se sont effectivement vues attribuer le rôle de “sorcière”. Notons qu’encore aujourd’hui, en 2026, il y a dans le monde des femmes persécutées parce qu’elles sont considérées comme des “sorcières” par leur village.

Bref, être une sorcière, ou du moins être une femme accusée d’être une sorcière, revêt de multiples réalités que l’exposition a su mettre en lumière. J’ai d’ailleurs pu approfondir le sujet en lisant Sorcières et sorciers. Histoire et mythes – Lettre aux jeunes féministes de Michelle Zancarini-Fournel, qui essaie de démêler le faux du vrai, l’histoire du mythe (mythe qui a largement inspiré le livre de Mona Chollet, Sorcières : La puissance invaincue des femmes).

Je suis une enfant des années 90 qui adore la fantasy et les sorcières dans les mythes, mais aussi une femme féministe qui cherche à comprendre l’histoire et les différentes réalités derrière l’imaginaire de la sorcière.

Et cette expo m’a donné envie de continuer à creuser !

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