Relier ses livres et Pourquoi Hunger Games c’est genial?

Alors que j’ai entrepris de faire la reliure de tous mes livres — oui, c’est un projet, oui, j’y arriverai — en commençant par la série Hunger Games (tout simplement parce que cela correspondait à la quantité de faux cuir que j’avais commandée — enfin, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il me fallait aussi me procurer le prequel et le sequel), je me suis demandé : pourquoi Hunger Games est-il si génial ? J’ai donc tenté d’apporter quelques pistes.

Primo, l’héroïne principale est une fille. Elle est forte. Elle est crédible. Pourquoi est-ce que je précise qu’elle est crédible ? Eh bien parce que souvent, au cinéma comme dans la littérature, quand on parle d’héroïne forte, on se contente de lui donner l’adjectif, mais on construit rarement le personnage de manière à ce que le lecteur ou le spectateur puisse y croire.

Combien de fois voyons-nous au cinéma une héroïne super puissante, dotée de super-pouvoirs, qui semble avoir un IMC négatif, et dont les énormes seins ne sont jamais soutenus par un soutien-gorge de sport ? Dans les livres, on a aussi souvent l’impression que la force n’est pas vraiment présente — la force physique encore moins. Les héroïnes, lorsqu’elles existent en tant que personnages principaux dans les œuvres de fantasy, sont parfois intelligentes, parfois astucieuses, parfois courageuses, mais fortes ? Pour ma part, je n’ai pas d’exemple qui me vienne en tête.

Katniss, elle, non seulement est physiquement apte et forte, mais son esprit semble lui aussi taillé dans la roche. C’est d’ailleurs en écoutant un podcast sur le thème que la vérité m’est apparue. En effet, la podcasteuse se plaignait de la dureté du personnage de Katniss et du fait que cette froideur l’empêchait de s’identifier à elle. Mon dieu ! Mais la froideur et la dureté qui semblent caractériser Katniss ne sont-elles pas les facettes obligatoires qui viennent avec la force ? Une force qu’on a dû construire toute sa vie, en vivant dans des conditions qui l’exigeaient.

A-t-on déjà entendu ce type de reproche pour le personnage — génialissime — de The Witcher, par exemple ? J’aime ce personnage parce qu’il apparaît comme unique dans la littérature et, ensuite, dans le cinéma pour son adaptation. Ici, le personnage principal est UNE FEMME, UNE FEMME FORTE, UNE FEMME FORTE ET ON Y CROIT. Et ça, ça fait du bien.

Deuxio : un univers dystopique… et proche. On y croit en effet aussi parce qu’on est dans la peau de Katniss, grâce à une narration à la première personne, mais aussi parce qu’on voit directement le lien avec le “statut” des États-Unis d’aujourd’hui — bon, oui, le fait que le reste du monde n’existe pas, comme dans toutes les œuvres de fiction américaines, mais ça, on en parlera une autre fois.

On reconnaît les districts qui s’apparentent aux États, les mentions du Capitole (Capitol), des districts liés à des secteurs très identifiables pour nous — agriculture, métallurgie, charbon… — et des thèmes d’amour et de rébellion auxquels on peut facilement s’identifier.

Enfin, troizio (ça n’existe pas?) : l’héroïne est un anti-héros.

Très, très souvent, elle rappelle qu’elle ne veut pas être une figure de révolte, qu’elle ne veut même pas se révolter, qu’elle ne veut pas être la cause de l’embrasement… Et ça aussi, ça permet d’y croire et de s’identifier. Car oui, tout le monde ne se sent pas capable d’être à la hauteur d’un personnage omnipotent, au courage sans faille, qui fonce sans jamais se poser de questions. Ca me rapelle un peu les debuts du personnage de  »messie contre son grès » de Paul Atréides dans Dune.

Katniss, elle, elle réfléchit, elle est responsable. Elle se demande :
Et si on se révolte et que tous ces gens meurent, peut-être pour rien ? Quelle responsabilité aurai-je eue dans tout ça ? Et si je fais ce discours pour mettre le feu aux poudres, combien de gens seront tués à cause de moi ?

Bref, Katniss a peur, Katniss réfléchit, Katniss a des doutes. Et ça, ça fait du bien. Cela met en lumière tous les systèmes qui font que souvent, les leaders et les héros ne sont là que parce qu’ils sont arrivés au bon moment et que des gens ont eu besoin qu’ils endossent ce rôle. Souvent, les héros et les leaders ne sont pas juste des gens qui crient plus fort que les autres, qui ont des super muscles ou qui vivent sans aucune peur. Le personnage est fort et courageux oui mais il n’est pas  »le plus fort, le plus courageux du monde ».

En conclusion, je dirais que Hunger Games est génial grâce à Katniss… ah, ah, non ! Mais plus sérieusement, Hunger Games est génial parce que ça mêle le plaisir d’une lecture divertissante, comme nous l’offrent souvent les romans fantasy/dystopie pour jeunes adultes, avec une analyse un peu plus fine des choses et un personnage crédible et humain, auquel on peut vraiment s’identifier.

Ah et pour la reliure? Et bien je continue avec des tutos Youtube et je vous mets quelques photos de celui-ci. J’ai réalisé des détails avec un stylo chaud , des papiers métallisés et une bombe spray pour cuir trouvée dans un fond de placard…

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