Pour mon cadeau de Noël, ma mère, qui me connaît très bien, a choisi de m’offrir un week-end avec elle à la fête de Beltaine au Centre de l’Imaginaire Arthurien dans la mythique forêt de Brocéliande ( rien que ce nom : je suis conquise ). Elle ne s’est effectivement pas trompée et on a adoré toutes les deux.
Primo, parce qu’on a bien ri, car oui du côté de Paimpont, tout, je dis bien TOUT, est lié de manière directe ou indirecte à Merlin (ou à la légende arthurienne). Ainsi, un gros caillou devient le caillou de Merlin, un autre caillou devient le tombeau de Merlin, un arbre devient un arbre magique et ainsi de suite. Du coup nous, on s’est photographiées devant ce qu’on a baptisé la poubelle de Merlin, les toilettes publiques de Merlin ou encore le trou-dans-le-mur de Merlin.
Ensuite, j’ai adoré car je suis fana de la légende arthurienne (surprise !). J’ai lu beaucoup d’interprétations et de réinterprétations de cette légende, avec en tête mes préférées que sont le très moderne Morgane Pendragon de Jean-Laurent Del Socorro et la passionnante série de Marion Zimmer Bradley. Arriver donc à une fête dans le Centre de l’Imaginaire Arthurien, entourée de gens qui aiment la littérature arthurienne (ainsi que les fêtes celtes), avec l’occasion de visiter une expo sur la légende arthurienne, tout ça dans une ambiance de légende arthurienne (c’est redondant ?) … eh bien ça fait plaiz.
En plus, j’avais visionné sur Arte la récente découverte d’un nouveau personnage de la légende, « le chevalier Ségurant », par le chercheur Emanuele Arioli et l’expo dans le centre lui rendait hommage. Je suis donc évidemment repartie avec deux de ses livres : Ségurant, le Chevalier au Dragon, qui rassemble tous les écrits sur ce nouveau mystérieux protagoniste, ainsi que La Fée Morgane, roman qui reconstitue un peu l’histoire du personnage mis au second plan, rebelle mais aussi féministe, de la légende.
J’ai commencé à lire ces deux œuvres mais je dois être honnête et avouer tout d’abord que La Fée Morgane a été une lecture plutôt fluide au début mais il est difficile de la tenir sur la longueur car il n’y a pas vraiment là une histoire mais plutôt des fragments d’histoire compilés dans un style littéralement médiéval (et donc pas forcément facile à lire pour la millennial que je suis).
Ensuite, j’ai aussi galéré avec Le Chevalier Ségurant pour les mêmes raisons. Pour autant, je suis heureuse d’avoir des morceaux de la légende »en ma possession ». Je pense que j’y reviendrai un jour, et peut-être plus par petits morceaux que par la volonté d’une lecture totale d’un coup.
À cela viennent s’ajouter deux cadeaux de ma mère (préalables à notre séjour) : une BD sur le château de Comper (là où se passait la fête où nous allions) et un recueil de légendes de la forêt de Brocéliande. Ce recueil a d’ailleurs été la base de mon plus beau souvenir : c’est-à-dire nous lire mutuellement, ma mère et moi, ces histoires en forêt ou toutes les deux quand nous patientions dans la voiture sous la pluie. C’était magique d’écouter ma mère me lire un conte, de manière incarnée, dans la campagne bretonne. Ce genre de moments qui s’inscrit hors du temps. C’était aussi magique de pouvoir lui en lire un assise sur un gros caillou (de Merlin probablement) et de réaliser que les contes ne sont pas juste pour les enfants mais aussi pour moi, 32 ans, et ma mère, 69.
Je peux donc affirmer que la légende arthurienne, mais aussi celle de la forêt de Brocéliande, n’ont pas fini d’émouvoir les jeunes enfants comme les plus vieux enfants. Et c’est tant mieux.

